Arrivé premier CTD de la transju 2012, c'est à Anthony qu'est revenu l'honneur ( ou la punition) de résumer cette épreuve. Voici donc son récit !!!
Jour : dimanche 12 Février
Heure : 8h30
Lieu : Lamoura (Jura)
Quoi : course de ski de fond 76km, La transjurassienne
Température : -17°C au départ avec une bise qui accentue le froid, beau soleil dans le ciel
Equipement : 3 couches au niveau du torse, un pantalon ¾ de course a pied + pantalon de ski,
chaufferette dans les chaussures, 2 buffs + 1 bonnet, lunette de skis
Qui : Anthony et Olivier
Objectif : faire mieux que les 5h38 de 2010.
Ca y est, le décor est planté, il nous reste plus qu’à prendre le départ.
Dès notre arrivé dans le stade de départ, on nous annonce que le passage en Suisse est supprimé à cause d’une bise qui rend les conditions de courses difficile. La course sera donc amputé de 8 km. Ca promet déjà !
Pour cette édition, j’avais décidé de donner mes skis à farter au dernier vainqueur jurassien de la transju à savoir Alex Rousselet. Le but était d’avoir pour moi une bonne glisse et aussi d’éviter de me poser d’interminables questions sur le fartage.
Je récupère donc mes skis 15 minutes avant la course.
Petit footing pour nous réchauffer et nous nous engageons dans le bloc de départ, celui des 2ème ligne (sur 4).
Vu le nombre de skieurs dans cette ligne (environ 500), le départ se fait assez tranquillement et dés les premières petites côtes, nous nous retrouvons au ralenti.
Par contre, des les premières petites descentes, je m’aperçois aussi que la glisse est au rendez vous, je double de nombreux concurrents. Olivier, quant à lui reste dans mon sillage.
Avec cette bise, c’est un peu comme en vélo, il faut se protéger, s’économiser car la route sera longue.
Après 18km de course, nous arrivons aux Rousses, le public a répondu présent malgré ce froid et la montée des opticiens est toujours un moment unique dans cette transju. Les spectateurs bordent la piste et nous encouragent tout au long de cette petite montée ! Un bon moment !
Au ravitaillement, Olivier a une faim de loup et dévore tout ce qu’il trouve , quant à moi, je me contenterai d’un ravitaillement liquide. Olivier trouve que l’on est parti vite. De mon côté, je n’arrive pas me rendre compte si nous sommes vite ou pas car la neige est très froide et moins glissante et qu’il fallait suivre le rythme du peloton dans lequel nous étions !
Sur cette 1ere partie de course, nous avons été un peu protégé de cette satanée bise.
Par contre, sur la partie suivante, nous allons défié la bise. Dès la sortie des Rousses, nous sommes servi. La bise nous fouette le visage, la neige tourbillonne autour de nous, nous brassons dans 20cm de neige..Bref, c’est l’hiver et c’est surtout l’enfer !
Je pense que cette partie de course restera longtemps ancré dans nos mémoires. Je crois que nous ne sommes pas loin du pire. Normalement, par ce temps là, on reste bien au chaud près de la cheminée.. mais non ! nous, on fait du ski….
Et cela va durer environ sur 10 km ou pendant 1h. Pas question d’établir des records de vitesse, nous resterons ainsi dans le peloton jusqu'à Bois D’amont , endroit ou nous tournerons le dos à la bise !
Bois d’amont approche et le ravitaillement aussi ! j’essaie de manger une barre, pas de chance, elle est gelée..je la trempe dans un thé chaud et finalement je peux manger !
Je me dis que les pires conditions sont passées mais je sais aussi que nous sommes au pied de 8km de montée et qu’il va falloir s’accrocher !
Comble de tout, cette montée du risoux sera presque le moment le plus agréable du parcours !
Pourquoi ? pour la simple et bonne raison que nous sommes dans les bois, à l’abri de la bise.
Dans cette foret, ce qui m’a marqué , c’est le calme qui y régnait. Tout le monde était concentré sur sa technique et on profitait aussi des magnifiques paysages que nous entourait !
Certes, c’est difficile et ca monte mais je pense que nous avons pris du plaisir à skier dans
cette partie de la course.
Nous arrivons à Bellefontaine, nous avons franchi la plus grosse difficulté du parcours et la descente qui suivait. Nous en sommes à 3h30 de course, il nous reste environ 25km. De simples échanges de regards avec Olivier suffisent à comprendre que nos organismes sont déjà marqué. Je me sens fatigué par tous ces efforts et un peu avec le moral en berne.
Nous savons déjà que notre objectif temps ne sera pas rempli.
Un coup de téléphone des enfants et de Marilyn remonte le moral, le ravitaillement aussi d’ailleurs. Les ravitaillements transju, c’est quelque chose ! On y trouve de tout : pain d’epice, biscuits, comté, pate de fruits, biscuits secs, thé chaud, boisson énergétique…Je me contenterai de pain d’épice et biscuit.
Olivier est toujours bien présent. Sa moins bonne glisse que moi l’oblige a faire plus d’efforts dans les parties descendantes mais le bonhomme ne lâche rien, il donne tout !
Il est temps pour nous de repartir de Bellefontaine, direction Chapelle des bois et la, je crois que c’est même combat avec Olivier, nous sommes tous les 2 moins bien, les jambes sont dures, la bise toujours présente, bref, il ne s’agit plus de forcer sur les organismes mais de se refaire une santé. Notre rythme baisse même si le parcours ne comporte pas trop de difficulté.
Cette baisse de rythme me fera le plus grand bien car arrivé a Chapelle des bois, je me sens mieux, il reste un peu moins de 20 km et je retrouve un peu d’énergie.
Je continue de manger et on repart ensemble avec Olivier prêt a afronter la dernière grosse difficulté du parcours, la montée de la célestine. C’est une montée assez raide, pas très longue, étroite qui arrive après 7-8 km de lutte contre la bise.
Le fait d’avoir doublé un concurrent avant cette montée me permet de prendre le bon wagon mais ce wagon ne va pas très vite dans la montée et je ne fait pas trop d’effort dans cette montée. La descente vers le pré poncet me permet de doubler tout ce petit monde.. c’est assez grisant pour moi de doubler du monde sans faire d’effort, ca remonte le moral et ca doit entamer le moral de ceux qui se font doubler.
Je prends un dernier gel au ravitaillement du pré poncet pour affronter les 13 derniers kms. Olivier arrive quelques secondes après moi au ravitaillement. Nous repartons ensemble du ravitaillement du pré poncet.
Cet fin de parcours est plus facile et plutôt descendante ce qui une bonne nouvelle par rapport à mes skis et ma glisse. Je me dis qu’il faut qu’il faut je rattappe les groupes devant moi alors je ne ménage pas et je fais le maximum pour les reprendre. Et comme prévu, dans les descentes, je m’amuse bien et je double bon nombre de concurrents notamment pour arriver vers le tremplin de Chaux neuve ! Je fais même peur à certains concurrents mais sans jamais avoir le sentiment de prendre énormément de risques. Mes skis glissent donc toujours autant et c’est dû à une poudre que l’on met dessous la semelle que l’on appelle la céra, elle permet de garder du fart le plus longtemps possible ! Preuve en est que ca marche !
Je zappe le dernier ravitaillement et je file vers Mouthe et je guette les dossards qui commence par 2000 ( comme moi) et m’efforce de les rejoindre pour gagner quelques places au classement. Cela réussit et je grapille des places, Mouthe se profile et je commence à me réjouir de retrouver les enfants et Marilyn.
Je les cherche près de l’arrivée mais ne les trouve pas, j’entends seulement leurs encouragements ce qui me permets de puiser dans mes ressources et de doubler sur la ligne un dernier concurrent.
La course est finie, je regarde le chrono, 5h35, de quoi être déçu mais le sentiment d’être arrivé au bout avec ces conditions incroyables entre Les rousses et Bois d’amont.
Je me reprends et je vois arriver Olivier quelques minutes après moi, lui aussi fièr d’avoir vaincu cette trans !
Olivier est incroyable, il ne lâche rien et s’est accroché depuis Bellefontaine. Il a redoublé d’efforts pour me suivre dans les descentes et les parties decendantes. Bravo encore, ta performance est à saluer !
En fin de journée, j’apprends que je suis 908ème et la je suis vraiment content, 300 places de gagnées par rapport à 2010, c’est une belle récompense pour tous les efforts fournis aussi bien lors de la course et lors de la préparation.
Et toi Olivier, quelle analyse fais tu de ta course ?
Cette transju fut finalement un peu différente de celle de notre dernière édition. J’ai eu l’impression de partir beaucoup plus vite, je ne me suis pas freiné comme la dernière fois pour rester derrière toi. Je suis arrivé aux Rousses ( km 20) avec une grande faim et l’impression d’avoir déjà bien travaillé.
Puis le passage dans l’enfer de la bise jusqu’à Bois d’Amont a été un grand moment. Tout le monde cherchait à s’abriter derrière un concurent sans pour autant raterle bon wagon, les accrochages de batons, les chutes à cause de l’enchevêtrement des skis venaient très ( trop) régulièrement compliquer encore cette traversée.
Je me souviens d’avoir galéré 5 bonnes minutes, seul en plein vent pour rattraper le groupe dans lequel tu t’étais glissé.
La montée des ministres s’est bien passée, aucune crampe et la sensation d’être bien dans le rythme. Puis à Chapelle des Bois, malgré les début de crampes, la fatigue et une moins bonne glisse, je suis resté lucide et concentré ( contrairement à la dernière fois où j’avais complètement déconnecté le cerveau). Cela m’a permis de m’accrocher et de résister.
Au pré Poncet, je savais que tu étais plus frais que moi et que les parties descendantes allaient t’avantager au niveau de la glisse. Je t’ai donc laissé partir en sachant que je ne te reverrai plus avant l’arrivée. Toutefois j’ai réussi à garder un rythme correct et je suis content de n’avoir laché que 4 minutes dans ces 13 derniers kms.
Quel est ton meilleur moment dans la course ? ton pire ?
Meilleur souvenir : le départ ( c’est magique) et la montée du Risoux, le silence et les paysages fabuleux avec la neige, les sapins et le soleil. Un grand moment !!!
Pire souvenir : Pas de réels gros moments de galère finalement, mais la partie avec la bise de face restera un grand souvenir de n’importe quoi. Je n’arrivais même plus à planter mes batons correctement, le vent les gardait à l’horizontal..
Pour tous les curieux, quelle fut ta préparation pour cette transju ?
Et bien, à peu près comme toi. Entre 3 à 4 séances de ski par semaine depuis le 15 décembre. Soit entre 300 et 400 km d’entrainement avec une sortie longue avec toi les derniers dimanche de janvier entre 2 et 3h00 de ski . Un peu moins de sortie longue que toi et cela se paye sur la fin.
Pour les spécialistes, quelle est la boisson bizarre que t’avais préparé Patricia avant la course ?
Je ne sais pas si je peux divulguer ces recettes secrètes.
J’ai testé plusieurs potions magiques de Patricia pour cette course
La première était une espèce de bouillie d’avant course composée d’une poudre d’amande, de crème de millet et de crème d’avoine à mélanger avec du lait. Finalement je ne la recommande pas car il faut être vraiment motivé pour avaler cela à 4h30 du matin.
La deuxième : une préparation constituée d’un mélange de compote de pomme , de crème de marron et de citron. Très bonne au gout, très agréable et donc surement très efficace.
Sans oublier, une boisson d’attente « maison »
Merci Patricia !!!
Est-ce que tu as envie de t’engager à la transju 2013 ?
La transju, c’est vraiment LA course de ski de fond, c’est toujours une grande satisfaction de l’avoir faite.
Malgré la difficulté, cela me motive pour aller skier durant l’hiver et je profite de mieux en mieux de l’épreuve. Alors je m’inscrirai surement encore en 2013.
Mais un jour, tu sais, j’arriverai devant toi !!!!
Par olivier












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